L'interview de Marie, la créatrice de Nouare

L'interview de Marie, la créatrice de Nouare

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Marie Bertel, la créatrice de Nouare : des bijoux éthiques, fabriqués à la main, à la commande et en argent recyclé.

Nouare

Boutique de bijoux et de montres

Qui se cache derrière Nouare ?

(Marie) « J'ai 32 ans, je vis en Angleterre depuis 7 ans et je suis la créatrice de Nouare.

Il m'a fallu du temps pour finalement trouver ma voie et faire un métier qui me passionne.

J'ai un parcours un peu hectique entre l'envie et le besoin d'être dans un milieu artistique avec un Bac pro artisanat et métier d'art (à l'école des Beaux Arts de Versailles), et un parcours un peu plus classique dans le management pour "ouvrir des portes" et être sûre de trouver du travail.

J'ai toujours adoré dessiner, faire de la couture, confectionner des bijoux avec des breloques, etc. - tout ça de façon spontanée, en suivant mes envies et inspirations, mais sans avoir vraiment d'idée de carrière !

En arrivant à Londres après mes études, j'ai travaillé chez Claudie Pierlot puis Sandro : des marques bien françaises, mais des produits fabriqués partout et ailleurs avec très peu de transparence sur la production et une qualité que je trouvais souvent très pauvre. Il fallait pousser les clients à la consommation et la pression était très forte. Après trois ans chez eux, je me suis rendu compte que ce milieu me dégoutait - mais surtout, que j'avais besoin d'utiliser mes mains et de suivre des valeurs qui m'étaient importantes. Je me suis donc lancée dans une école « bijoux de manufacture » ! »

Nouare, c'est quoi ?

(Marie) « C'est une marque de bijoux éthiques, fabriqués à la main, à la commande et en argent recyclé - dans mon petit atelier ! »

Pourquoi « Nouare » ?

(Marie) « Déjà parce que j'aime le noir, c'est une couleur qui me parle et à l'époque je ne m'habillais qu'en noir !
 
La couleur noire correspond bien à mes bijoux : élégants et intemporels - mais aussi sombres et mystérieux...
 
J'ai donc joué avec l'appellation, et c'est comme ça qu'est né Nouare ! »
 

Quelles sont tes inspirations ?

(Marie) « Je m'inspire de formes organiques, de la nature, et très souvent des signes et croyances hindouistes. J'aime créer des bijoux pour les femmes en ayant en tête qu'ils sont comme des petits guerriers, des totems qui transmettent des énergies. »

Pourquoi avoir choisi de travailler l'argent recyclé ?

(Marie) « Le respect de l'environnement est essentiel pour moi, il était donc également très important de créer des bijoux intemporels et de bonne qualité, capables de se transmettre de génération en génération - mais surtout : ne pas générer de demande supplémentaire en matière première.

L'industrie de la mine a un impact dévastateur sur la planète comme sur les humains qui y sont très souvent exploités, je préfère donc tout simplement utiliser ce qui est déjà disponible.

Concernant les chaînes, je me fournis chez une entreprise basée en Angleterre - je n'ai malheureusement pas encore trouvé d'entreprise qui propose des chaînes en argent ou or recyclé.

Et pour ce qui est de mon packaging, il est minimaliste, recyclé et recyclable ! »

Pourquoi Londres... puis Brighton ?

(Marie) « Je suis arrivée en Angleterre en 2014 avec l'envie d'apprendre l'anglais et d'y rester pour une année - mais que le temps passe vite !

En 2020, enceinte de mon premier enfant, j'ai déménagé de Londres à Brighton. Je voulais vivre dans une ville plus petite, proche de la mer et plus en accord avec mes valeurs.

J'adore voyager et découvrir de nouveaux lieux, je suis un peu un électron libre ! Nous avons d'ailleurs aménagé un van - avec un petit atelier pour que je puisse continuer à confectionner tout en étant sur la route - pour pouvoir vivre librement et un maximum en extérieur. »

Pas trop difficile de conjuguer vie de famille et entrepreneuriat ?

(Marie) « En effet, c'est un petit challenge ! C'est parfois difficile et ça demande beaucoup d'organisation - ce qui n'est pas mon point fort...

Depuis l'arrivée de Noah (19 mois), je consacre moins de temps à mon petit business, c'est un peu frustrant mais c'est un choix qui s'est vite fait.

Je suis encore en train de chercher l'équilibre parfait entre mon travail et ma vie de famille. Mais on y arrive, j'ai aussi la chance d'avoir mon compagnon à la maison, lui aussi à son compte (freelance), ce qui me permet de travailler lorsque j'en ai besoin. »

Comment as-tu trouvé tes premiers clients ?

(Marie) « Mes premiers clients étaient mes amis et ma famille, j'ai ensuite commencé à vendre sur la plateforme Etsy, puis c'est en développant mon Instagram que les ventes ont vraiment décollé ! »

La crise sanitaire liée à la Covid-19 et le Brexit ont-ils eu un impact sur ton activité ?

(Marie) « Au début de la pandémie de Covid-19, le bureau de poste près de chez moi a fermé et j'ai eu très peur de l'impact sur les livraisons de mes commandes. Il a finalement rouvert, mais seulement le matin et quelques jours par semaine. Je n'y allais donc plus qu'une fois par semaine, la livraison était plus lente mais mes clients étaient compréhensifs et saluaient même ce nouveau fonctionnement !

Le Brexit a clairement eu un impact sur les commandes en dehors du Royaume-Uni, mes clients me demandent souvent s'ils risquent de payer des taxes à la réception de leur colis, ça me désole mais c'est ainsi. »

Tes projets futurs pour Nouare ?

(Marie) « J'ai plusieurs ateliers (workshops) de prévus à Brighton - et peut-être à Londres - en 2022, les dates seront dévoilées prochainement.

Je serai également présente sur le marché de Noël « The One Garden » (à Brighton), le 12 décembre - et sur le marché de Noël « The London Artisan » (à Londres), les 18 & 19 décembre ! »

Un conseil à donner à un entrepreneur en devenir ?

(Marie) « Il faut avant tout savoir que derrière toute passion, il y a énormément de travail. Foncez, croyez en vos projets et en vous - et surtout : soyez spontané ! J'ai toujours tout fait spontanément, c'est ce qui m'a permis et me permet encore de faire ce que j'aime. »